Protester pour Dieu, protester pour l'Homme

Avec Jean-Baptiste, recevoir la parole de Dieu, et témoigner !

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Luc 3.1-6

En l’an de grâce 2015, le 6 décembre, jour de la saint Nicolas… Sous le gouvernement du Président de la République François Hollande, ainsi que des présidents et présidentes de région… quant à eux, il nous appartient de les élire aujourd’hui, mais passons ! Sous le grand-prêtre… Ah, mais nous n’avons pas de grand-prêtre… Si, certains en ont : le pape François ? Les patriarches orthodoxes ?

Et voilà que Dieu, nous a adressé la parole. Lui… à nous… Nous qui ne sommes pas grand chose, pas de grands hommes et de grandes femmes. Nous qui ne sommes pas connus, qui n’avons pas changé le monde, du moins pas de façon spectaculaire, et voilà que Dieu s’adresse à nous, ici, aujourd’hui et maintenant !

Attention, n’allez pas croire que je me prends pour Dieu, loin de moi cette idée !

Dieu nous parle, à nous, comme il a parlé à Jean-Baptiste dans le désert : idéal pour les confidences le désert ! Et que dit Dieu a Jean-Baptiste dans le désert ? « Dans le désert Dieu a parlé, laisse-mon peuple aller ». Ah non, ça c’était plus tôt ! Il faut dire qu’il s’en passe des choses dans le désert dans les récits bibliques !

Mais, en fin de compte, le message de Dieu, en tout cas le message que Jean-Baptiste va adresser aux Hommes va dans le même sens !

En fait, on ne sait pas ce que Dieu a dit à Jean-Baptiste. Mais ce qu’on sait, c’est qu’il a dit des mots, et des mots très précis : Luc n’emploie pas le mot logos pour designer la parole de Dieu, mais rema qui désigne un mot ou un ensemble de mots, mais quelque chose de très concret, pas un concept difficile à comprendre à cerner. Des mots qui ne veulent dire que ce qu’ils disent : ni plus, ni moins.

Dieu parle très clairement à Jean-Baptiste, sans mystère ni cachotterie, sans discours alambiqué ni paroles codées.

Très bien me direz-vous, sauf que nous ne savons toujours pas ce que Dieu a dit ! La belle affaire de savoir que c’était très clair, si on ne connait pas la teneur du discours !
Alors, il faut se référer à la proclamation de Jean-Baptiste, celle qu’il répand dans la région du Jourdain, qui est tout sauf désertique. Jean sort du désert pour proclamer la parole qu’il vient de recevoir. Pour écouter, rien ne vaut le silence, mais pour proclamer, rien ne vaut la présence, celle des autres.

Ce texte, c’est une invitation. Une invitation à proclamer, à annoncer la Bonne Nouvelle malgré́ toutes les mauvaises nouvelles de notre monde, malgré́ les souffrances, malgré́ les difficultés. L’appel de Jean-Baptiste est un rendez-vous. Il y a des choses à faire pour préparer le chemin du Seigneur, mais il y a aussi des dons, des choses à recevoir : « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis »

Le discours que Dieu a dû tenir à Jean-Baptiste est un discours d’espérance. Et c’est pour ça que Jean-Baptiste prêche un baptême de conversion !

Se convertir, c’est-à-dire non pas simplement changer, mais se retourner, changer radicalement, passer de la Loi à la promesse, passer du doute à la confiance, passer de la peur à l’espérance ! Car « tous verront le salut de Dieu ».Ce salut, c’est celui que nous attendons nous ? Celui dont nous espérons qu’il nous est offert par Dieu.

Dieu nous a adressé la parole, mais nous, qu’allons-nous faire de cette parole ? Allons-nous rester au désert, pour y garder bien précieusement la parole reçue ? Ou au contraire, allons-nous nous mettre en route, comme Jean-Baptiste, pour proclamer ce que nous croyons ? Et comment le faire ?

A l’heure où les repères sont de plus en plus flous, voire effacés, à l’heure où tout semble nous échapper, à l’heure où l’on nous inquiète en agitant le drapeau de la peur, et son semblable le drapeau du tout-sécuritaire, à l’heure où toute une population se trouve sous le joug de l’Empire romain, voilà qu’un homme se lève et proclame la conversion.

Changer, changer radicalement de point de vue, changer de vie, changer de cap, changer, pas pour le plaisir de changer, mais changer pour le pardon des péchés. Pas pour être sauvés, nous le sommes déjà̀, mais parce que nous le sommes, nous pouvons justement changer. Changer pour quoi, me direz-vous ? Je vous répondrai, changer pour qui ! Pourquoi à votre avis, Luc dit-il que la Judée se trouvait sous le « sacerdoce de Hanne et Caïphe » ?

Le changement, c’est qu’il faut passer de la Loi à la grâce, de l’obligation à la volonté́, des œuvres pour se sauver à la foi qui sauve et qui ouvre des horizons. Le changement, la conversion, c’est d’arrêter de se terrer et de se taire, pour sortir et proclamer ce en quoi nous croyons, ce qui nous fait vivre, ce qui nous tient debout.

Le changement, c’est qu’il faut convertir ceux qui pensent se sauver de ceux qu’ils combattent par les mêmes armes que ceux-ci utilisent. La conversion, c’est qu’il faut proclamer cette parole précise, claire, celle qui nous replace dans notre rapport à Dieu, celui de qui tout vient.

La conversion, c’est, passer d’une défense d’un acquis au témoignage de Celui qui nous fait vivre. Jean-Baptiste témoigne d’un changement qui vient, d’une conversion à opérer, d’un chemin à préparer. Et si pour nous aussi, il était temps de nous convertir, de nous mettre en marche, et de changer de cap ? Il est temps que notre parole se fasse précise, mais toujours respectueuse, comme l’est la parole que Dieu confie à Jean-Baptiste. Il est temps que notre confiance se manifeste dans nos mots.

« Dans le désert Dieu a parlé, laisse mon peuple aller » Dieu nous parle dans le désert de nos vies, dans le silence de la désolation, ou dans la beauté́ de la contemplation. Il nous parle de façon précise, Il nous parle au cœur, pour qu’à notre tour, nous puissions prendre la parole et tenir un discours précis et confiant à nos contemporains.

Témoigner de ce que le vent se lève, que quelque chose d’extraordinaire se prépare. De proche en proche, Dieu se rend plus accessible, plus abordable, plus proche de nous.

Il vient bientôt ! C’est vrai.

 

Amen

Prédication du 6 décembre 2015

 

 

Infos pratiques

Pasteur Nicolas Rocher

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