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Pourquoi Jésus-Christ ?

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Marc 8.27-31 Actes 2.38-41

Et vous, croyez-vous vraiment que Jésus, le Christ, soit le Fils de Dieu, et mieux : qu’il change votre vie ? Difficile pour nos contemporains de croire aujourd’hui. Et même lorsqu’on prend la décision de baptiser ses enfants ou de se marier à l’Église, on n’est pas toujours sûrs de combien on croit…

 

Alors pourquoi Jésus-Christ ? Quoi de particulier avec lui ?

Une vie peu ordinaire, c’est vrai. Mais surtout un « après », dont l’onde de choc nous atteint encore, 2000 ans plus tard. Une vie peu ordinaire qui commence pourtant discrètement : peu de traces de son enfance et de sa jeunesse, si ce n’est quelques belles histoires autour de sa naissance, mais qui semblent surtout relever du merveilleux…

En revanche, un homme, nommé Jésus, charpentier à Nazareth, qui à 30 ans s’en va. Et qui laisse pêle-mêle père, mère, frères, sœurs, métier, village, amis, succession de son père, atelier, clients, fiancée peut-être… Et qui devient une sorte de routard, commençant de sillonner les routes d’Israël, puis aussi de Samarie, et même des pays alentours, Syrie ou Jordanie…

Routard et un peu guérisseur, puisque, nous dit-on, il guérissait des malades, des impotents, des névrosés, des déprimés ; qu’il partageait le pain et le poisson, même quand il n’y en avait plus ; et que parfois une telle lumière émanait de Lui que certains se demandaient s’il était tout à fait humain…

Routard, guérisseur, mais aussi et surtout une sorte de prophète, de super-rabbin un peu imprécateur. Pour dénoncer les prêtres et les théologiens, les riches et les puissants, mais surtout les hypocrites, les seuls auxquels il ne semblait pas pouvoir pardonner… En revanche, il s’intéressait avec tendresse aux exclus, aux collabos des Romains, aux prostituées, aux moralement incorrects… Et ses mots sonnaient juste. Et ses mots touchaient juste.

 

Des mots de rêveur, qui parlaient de règne de paix, de justice et de fraternité. Des mots d’idéalistes, qui affirmaient qu’on peut pardonner jusqu’à 70 fois 7 fois, ou qu’il vaut mieux ne pas se lier plutôt qu’être infidèle. Des mots de naïf, qui proposaient de se laisser frapper plutôt que se défendre, de se laisser dépouiller plutôt que prendre, et qu’on peut être heureux à souffrir ou à pleurer.

Pourtant des mots qui touchaient juste. Et surtout qu’il mettait lui-même en pratique.

 

On le sait, tout cela n’a pas plu. Prêtres et chefs religieux se sont arrangés avec les politiques pour le faire taire. Pour se défendre, il aurait pu rassembler les foules qui le suivaient. Mais il a préféré se laisser faire, allant au devant de ses adversaires, cohérent avec lui-même, pour ne pas ajouter la violence à la violence.

Et ils l’ont tué. Après que tous l’aient abandonné.

 

Il n’était pas le premier à mourir pour ce qu’il croyait. Mais c’est après qu’il s’est passé quelque chose d’extraordinaire.

On aurait pu garder le souvenir d’un homme et d’un itinéraire un peu exceptionnels, peut-être d’un de ces moments où ‘quelque-chose’, une grâce, vient visiter une personne et une vie ; où le ciel et la terre semblent un instant en contact… Un souvenir qui s’estompe, ou devient mythe avec le temps.

Mais là… Une, deux, puis cinq, dix personnes ont affirmé l’avoir vu vivant, puis cinq cent, mille,  bientôt des dizaines de milliers qui se sont répandus dans l’Empire romain, et qu’on a fait mourir parce qu’ils affirmaient : « Jésus était l’Envoyé. Jésus était Dieu ».

Et ce raz-de-marée a donné un sens et un contenu à la vie de millions et de millions de femmes et d’hommes, dans le monde entier et aujourd’hui encore, donnant naissance à ce qui est devenu le plus formidable bouleversement religieux de l’histoire de l’humanité.

 

Qu’est-ce qui s’est donc passé ?

Quelque chose d’incongru, d’aberrant : sa est devenue une sorte de révélateur. Celui qui est mort bêtement, honteusement, dérisoirement, dans un fiasco complet, c’est lui qui est devenu LA clef. Toute simple : c’est en donnant qu’on est vivant, en aimant qu’on est soi-même, en donnant sa vie qu’on trouve sa vie. Tout le reste n’est que menterie et illusion.

 

De tout cela, que reste-t-il aujourd’hui ? Une proposition, à trois faces : un regard, un choix, et un compagnon. D’abord un regard. Dans la même direction que lui. Parce que ses mots touchent toujours juste : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » disait-il.

Le chemin ? Celui qu’il a lui-même emprunté : tout donner.

La vérité ? Celle pleine d’espoir et de transparence à laquelle il invitait : aimer, toujours.

La vie ? Celle faite de don, d’exigence et d’absolu qu’il a lui-même vécue, et qui a surgi de sa mort : une vie éternelle.

Un chemin pour toi, une vérité pour horizon,  une vie à oser.

Et du coup, c’est un choix. Un vrai choix, de ces choix qui font basculer une vie. Celui de ne plus être prisonnier de soi-même, mais tourné vers autrui, de donner à son tour, donner toujours.

Il en offre le modèle : tout donner, donner sa vie – ce qui ne signifie pas mourir, mais au contraire vivre, parce que donner, c’est la seule clef, la seule solution, la clef pour chacun ou chacune de sa propre vérité et de son bonheur ; le seul secret de la réussite d’une vie. Faire ce choix, et se retrouver comblé, plein de force, de sens, de raison de vivre, de paix, de tendresse.

 

Donc un regard. Un choix. Et puis le Christ, aujourd’hui, c’est encore autre chose : un compagnon. Quelqu’un à qui parler tous les jours. A écouter tous les jours. A qui tout confier, tout remettre, tout partager, tout offrir ; et en réalité de qui tout recevoir.

Et ce dialogue intérieur-là, c’est sans doute le plus grand trésor que l’on puisse trouver sur terre.

 

Voilà ce qu’il y a de singulier, de décisif, avec ce Jésus qu’on appelle Christ.

Une vie peu ordinaire, suivie d’une mort absurde, qui a déclenché la plus grande secousse spirituelle de l’histoire humaine.

Et qui vient jusqu’à nous : toi aussi, tu peux changer ton regard, sur toi-même et sur la vie.

C’est aussi puissant que l’amour.

Et le secret est le même : donner sans compter.

C’est de la folie. Et c’est la vie.

 

Et nous pouvons alors oser un saut brutal, dans notre inquiétante actualité. En ce moment, les enquêtes révèlent que les djihadistes de l’intérieur, tellement effrayants, tellement étranges à nos yeux, sont souvent moins le produit de leurs conditions sociales ou culturelles que le produit d’une absence de sens à leur vie, alors que beaucoup sont socialement assez bien intégrés.

Nous pouvons alors nous dire, et dire, que la vie a du sens, grâce à ce Jésus-Christ, à la suite de ce Jésus-Christ, et que lui aussi nous appelle tous à bannir la férocité et le non-sens, pour rendre ce monde plus humain.

Et c’est à eux aussi qu’il nous appartient de proposer et de partager ce chemin, cette vérité, cette vie. Cette clef.

Seigneur, Christ… montre-nous ce que nous pouvons faire, donne-nous d’être ce que tu veux, et de partager ce que tu es.

 

Amen

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