Protester pour Dieu, protester pour l'Homme

Comment dire quelque chose que l’on appelle trinité dans notre monde au XXIè siècle ?

Eglise du Morbihan

Qu’on le veuille ou non, le mot « trinité » est marqué ; il traverse l’histoire depuis le IVè siècle, l’histoire de l’Église et l’histoire de l’humanité. Ce qui en est perçu, selon les lieux et les cultures, peut faire obstacle au témoignage chrétien. Par exemple, pour l’Islam, le concept de la trinité fait injure à l’unicité de Dieu. On note aussi que ce concept ne fait pas unanimité au sein même du christianisme. Un autre obstacle à l’usage du mot « trinité » est en rapport avec la masculinisation de Dieu, malheureuse interprétation du mot  Père  (cf. L’art pictural et les représentations de Dieu le Père avec une grande barbe !).

Pourtant, cette histoire du dogme nous rappelle la quête permanente des croyants pour exprimer l’indicible de ce Dieu qui s’approche de chacun-e en JC… Que de tentatives pour exprimer  ce mystère : dans la théologie, dans la pédagogie (le trèfle irlandais de Saint Patrick), dans l’art (l’art des icônes), etc. Ceci nous encourage à nous inscrire dans cette quête, aujourd’hui au XXIè siècle, pour renouveler notre témoignage.

Le mot Trinité fut inventé au concile de Nicée, dans le contexte culturel du 4è siècle : Dieuest à la fois 1 et 3. Il n’y a qu’un seul DIEU, unique, qui s’exprime en trois identiques et différents.Il y a distinction mais pas séparation.

À travers nos débats nous y avons retrouvée une dynamique ; une dynamique qui nous faitvivre. Mais comment la partager ? Comment exprimer ce Dieu qui vient vers chacun-e et avec chacun-e qui le rencontre vit de cette relation ?

Il nous est apparu évident qu’on ne peut expliquer ce « Dieu Trinité » sans parler de sa relation avec l’être humain ?

Le chapitre 14 de l’évangile de Jean est le texte qui pour nous fait référence. Jésus y enseigne la relation entre Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit, … et nous ! Ne serions nous pas la 4è personne de la Trinité ?

La relation entre les trois – Père, Fils et Esprit – est une dynamique, à travers laquelle s’expriment la liberté et l’ouverture de Dieu. Cette dynamique y inclus le croyant. Elle devient un modèle pour les relations humaines. Quand on parle de l’un ou de l’autre on ne parle pas d’une identité qui exclut mais qui inclut en ouvrant à l’autre. C’est à un autre regard sur soi-même, sur les autres et sur Dieu, que ce chapitre invite. La vie est donnée et reçue à travers le mouvement, la dynamique relationnelle (appelons là trinitaire) ne peut figer ni le temps, ni l’espace, ni les relations.

Un nouveau rapport au temps s’y révèle : passé, présent, a-venir, rien n’est tracé.

Dieu le Père, notre passé. Dieu le Fils, notre présent. Dieu l’Esprit, notre avenir .

Dieu le Père peut évoquer le patrimoine, ce qui nous unit au travers des générations ; Dieu fils peut évoquer la dimension du présent de l’horizontalité : le Fils, c’est notre frère, celui qui nous met en marche, notre surprise, notre présent. Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes ouverts à l’autre et c’est l’autre qui nous fait vivre ; Dieu Esprit peut évoquer la dimension de la verticalité, des choses à venir : l’Esprit, c’est ce qui nous anime à l’intérieur, nous fait vivre, nous donne un avenir qui n’est écrit nulle part.

Parler de la  Trinité , comme ça, demeure risqué à cause de ce que nous avons évoqué plus haut. Mais témoigner par notre vie, par nos paroles et par nos actes, montrer cette dynamique relationnelle, tourné vers les autres, parce que cet Autre s’est tourné vers nous, permet d’exprimer quelque chose de cette dynamique. Cet Autre, en se révélant Père Fils et Saint Esprit, révèle un autre visage de Dieu, relationnel, une parole, fragile et vivant, … qui déconstruit toutes les représentations de dieu. On expérimente la  Trinité  plus qu’on en parle. La confiance reçue du fait de ce vécu, permet d’en parler en toute simplicité !

Voici en quelques mots un synthèse incomplète de nos débats. Il y aurait encore tant à dire et à méditer pour affiner ce que nous n’avons qu’esquissé ici. Nous gardons également un fort intérêt pour l’art comme média pour dire la  Trinité , art pictural, poésie, musique. Nous citons également les théologiens qui nous ont aidé : Antoine Nouis pour une approche rapide (cf. Un catéchisme protestant) et plusieurs écrits de Maurice Zundel.

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