Protester pour Dieu, protester pour l'Homme

Le malheur est-il une punition de Dieu ?

Eglise de Saintonge-Océan

Il ne faudrait pas minimiser, ridiculiser la souffrance qui, elle, est bien réelle. Parfois il vaut mieux se taire que dire ce qui est inapproprié, les amis de Job en font bien le modèle. Par contre, si le souffrant peut découvrir dans sa vie ou dans le parcours d’un autre que la souffrance a mené à quelque chose de bon, cela peut l’amener à considérer cette issue de son questionnement du « qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ».

Nous avons essayé de couler ce parcours d’idées dans une petite scène, en dernière page. Pour cette scène, nous nous sommes volontairement arrêtés là, alors que la discussion est allée encore plus loin, et où nous sommes restés sur la tension entre deux convictions profondément opposées.

Qu’en est-il de l’intercession ? Pouvons-nous intercéder pour un autre en demandant à Dieu de le guérir ? Ou devons-nous nous contenter de demander que Dieu l’aide à supporter son supplice ?

1 et 2 arrivent sur scène, l’un de gauche et l’autre de droite. Ils se rencontrent au milieu de la scène, se saluent en silence et s’asseoient sur un banc (ou deux chaises).

1 :     Hou là là, hou là là ! Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au bon Dieu ?

2 :     Hein ? Qu’est-ce que tu dis ?

1 :     Mais c’est vrai, hein, avec tout ce que je dois endurer, tout ce mal qui m’arrive… mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

3 apparaît, joyeux.

3 :     Hou là là, hou là là ! Tout ce bien qui m’arrive ! Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ?

1 et 2 se regardent, surpris. 3 quitte la scène. 

4, qui s’était tenu à l’arrière de la scène, s’approche. 

4 :     Ah, vous et votre bon Dieu… mais regardez donc ce qui se passe ! C’est pas le bon Dieu qu’il faut mettre en cause, c’est l’homme ! Regardez, toutes ces guerres, cette violence, cette haine, c’est l’homme ! Il n’y a pas de Dieu dans tout ça !

2 :     Et… la maladie, que faites-vous de la maladie ?

4 :     La maladie aussi ! Voyez donc, cette malbouffe qu’on nous vend, et la pollution, l’air et l’eau sont pollués de plein de poisons. La maladie, ça vient de là ! C’est l’homme, je vous dis !

1 :     … et la mort ?

4 :     fait partie de la vie ! La mort, c’est pas un malheur, la mort, c’est la vie. Allez, au revoir !

4 part en secouant la tête. Il faillit heurter un couple qui arrive (5 et 6), tous les deux très âgés et très fragiles, et qui se soutiennent l’un l’autre. Ils semblent très amoureux.

5 :     Ah, je dois dire, si je n’avais pas eu cet accident imbécile…

6 :     … et moi mon malaise venu de nulle part…

5 :     … nous n’aurions pas dû aller en maison de retraite, …

6 :     … et nous ne nous serions jamais rencontrés !

2, pensif :     Tiens… et si je ne souffre pas à cause de ce qui était, mais afin qu’arrive quelque chose de bien ?

 

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